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Prévisions d’activité hôtelière en 2017 et 2018 : un secteur solide dans un environnement chahuté

Les hôteliers européens ont connu des fortunes diverses en 2016, avec des tendances d’activité très différentes selon les pays. Pour 2017 et 2018, si les incertitudes (sécuritaires, géopolitiques, électorales, monétaires, disrupteurs technologiques) ne manquent pas, certains fondamentaux devraient tout de même contribuer à soutenir les performances hôtelières en Europe.

Des perspectives solides pour le secteur hôtelier

Insécurité et attentats, Brexit, montée des populismes : les motifs d’inquiétude sont nombreux dans la période récente pour le tourisme et l’hôtellerie en Europe. Pour autant, dans un environnement tourmenté, l’industrie hôtelière a affiché une forte capacité de résistance avec un RevPAR sensiblement équivalent en 2016 à celui de l’année précédente : +0,8% à 65,4 euros HT. Au niveau de l’Union Européenne dans sa globalité, les taux d’occupation sont stables et demeurent à des niveaux historiquement élevés, à 69,8%. Il faut remonter à l’année 2000, une période où l’offre des chaînes était plus concentrée dans les grandes agglomérations, pour trouver de tels niveaux d’occupation. En revanche, les prix moyens ont ralenti sensiblement (+0,9% contre +3,2% en 2015), la moyenne étant impactée par le recul enregistré dans plusieurs destinations touchées par des évènements sécuritaires (Belgique et France notamment) ou une comparaison avec une année 2015 marquée par des évènements exceptionnels (Italie et Luxembourg notamment), d’où un tassement des prix en 2016.Sur le plan économique, l’année 2016 confirme pourtant l’amélioration générale. Même si l’environnement international a été moyennement porteur, limitant l’investissement des entreprises, la consommation des ménages poursuit son redressement. Les perspectives pour 2017 et 2018 s’inscrivent dans cette tendance. Mais l’année 2017 pourrait être entachée par un ralentissement notamment en raison de l’augmentation des prix de l’énergie. Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêt et des recapitalisations bancaires pourraient limiter les capacités de relance budgétaire et faire à nouveau craindre une crise de la dette dans les pays de la zone euro. La montée des populismes en Europe va également constituer un enjeu décisif pour l’avenir de la zone euro, l’année 2017 étant marquée par un calendrier électoral dense dans des pays-clefs de l’UE, notamment les Pays-Bas en mars, la France en mai et l’Allemagne en septembre. Enfin, le futur de la politique monétaire américaine constitue désormais, avec la nouvelle mandature qui s’installe à la Maison Blanche, un sujet d’interrogation entre dollar fort et menace de dévaluations compétitives. Les options choisies pèseront sur les choix de destination de clientèles internationales, notamment américaine ou du Golfe qui ont vu leur pouvoir d’achat en chambre d’hôtels dans la zone euro s’apprécier nettement depuis 2014. C’est aussi le cas de la clientèle russe, qui était en plein boom en Europe avant que les tensions géopolitiques déclenchées par la crise en Ukraine et la baisse du prix du pétrole –aujourd’hui en pleine remontée – n’interrompent brutalement sa croissance.Des situations locales variéesSi les pays européens constituent une zone interconnectée et interdépendante sur le plan économique et a fortiori touristique, les situations peuvent diverger entre eux selon les perspectives économiques nationales (liées aux politiques de chaque pays) et les caractéristiques locales du secteur hôtelier. Ainsi, la situation du secteur hôtelier français en 2016 (-5,1% en termes de RevPAR) a été marquée par les conséquences des attentats et une forte différence entre la situation en région parisienne et les destinations de Province. L’hôtellerie en Ile-de- France a d’autant plus souffert de la défiance de la demande, notamment internationale, que le secteur hôtelier doit faire face à la concurrence de modes d’hébergements alternatifs (résidences de tourisme, AirBnB), à un moment où la croissance de l’offre hôtelière repart, y compris en région parisienne. Sur le plan économique, la France sort lentement d’une période de faible croissance pendant laquelle elle a sans succès cherché à concilier des objectifs d’amélioration financière d’entreprises (malmenées depuis la récession de 2009), les exigences de rigueur budgétaire imposées par l’explosion de la dette publique, la crise grecque et les risques sur l’euro, tout en cherchant à ne pas trop pénaliser la demande. En 2016 et 2017, si la situation économique de la France s’améliore grâce notamment à un environnement favorable, la reprise reste lente : +1,2% en 2016, +1,4% attendus en 2017 et +1,7% en 2018 selon l’Union Européenne. La persistance de capacités de production excédentaires pèse sur l’emploi et l’investissement, d’autant que la remontée des prix du pétrole pourrait peser sur la croissance de la demande. Il s’agit cependant d’un scénario de base s’appuyant sur les tendances actuelles de l’économie française et ne prenant pas en considération d’éventuels changements brusques de cap que pourrait initier le vote aux prochaines élections présidentielles. Dans cet environnement, les tendances d’évolution du RevPAR en France devraient pouvoir s’appuyer sur un retour progressif des clientèles internationales –à condition que les enjeux sécuritaires soient maîtrisés– et la poursuite du redressement de la demande domestique. La hausse de la demande devrait ainsi compenser la croissance de l’offre et autoriser une augmentation sensible des taux d’occupation, aujourd’hui très inférieurs aux standards européens. Les prix moyens en revanche devraient dans un premier temps rester sur des bases d’évolution modérée voire en recul sur certaines destinations afin de reconquérir les parts de marché perdues, notamment vis-à-vis des plates-formes d’hébergement collaboratif. L’évolution des prix à partir de la fin 2017 sera toutefois largement impactée par les variations de taux de change : ainsi, le maintien d’un dollar fort pourrait soutenir la croissance future des prix hôteliers.Le secteur touristique allemand est en pleine expansion, avec par exemple une croissance de 1,5% du nombre de nuitées étrangères dans l’hébergement marchand à 75,2 millions sur les 11 premiers mois de l’année 2016. Dans l’hôtellerie, les taux d’occupation continuent d’évoluer favorablement, en hausse de 0,5 point à 71,6% sur l’ensemble de l’année 2016, en dépit d’une croissance de l’offre marquée ces dernières années. Le niveau d’occupation dans l’hôtellerie allemande dépasse désormais les standards européens, ce qui a pu contribuer à l’augmentation des prix moyens. De plus, l’économie allemande a connu en 2016 sa plus forte croissance depuis 5 ans avec +1,9%, après +1,6% en 2014 et +1,7% en 2015. Les moteurs de l’activité se trouvent dans la consommation des ménages et dans la construction résidentielle qui bénéficient de la faiblesse des taux d’intérêt. En revanche, l’investissement des entreprises a été moins porteur. Dans l’ensemble, les fondamentaux de l’activité restent solides même si la croissance économique future devrait être un peu plus faible (+1,6% en 2017 et +1,8% en 2018 selon l’Union Européenne), les perspectives des élections législatives de septembre créant des positions plus attentistes chez les opérateurs économiques. Dans le secteur hôtelier, le marché allemand devrait poursuivre sur sa tendance de croissance des dernières années, très régulière. L’activité hôtelière devrait être de plus en plus soutenue par les marchés secondaires, très dynamiques compte tenu de la conjoncture économique domestique et de la fréquentation déjà élevée en site prime, tandis que la croissance des grandes métropoles pourrait être légèrement ralentie par les enjeux sécuritaires.Le Royaume-Uni continue de figurer parmi les marchés tendus, avec des niveaux d’occupation très élevés sur l’ensemble des destinations et des segments. Avec une moyenne annuelle de 79,5% en 2016, en hausse de 0,5 point, l’occupation des hôtels au Royaume-Uni est nettement supérieure aux niveaux européens et assure aux établissements d’être remplis une bonne partie de l’année. Pourtant, le développement des chaînes y reste rapide. Les prix moyens n’ont progressé que de 1,4% en 2016. Ce ralentissement de l’évolution des prix en dépit de niveaux élevés d’occupation s’explique par la dissipation de l’impact de la modernisation du parc avant les J.O. de 2012 et l’effet de modernité de la nouvelle offre créée à cette occasion. Le climat d’incertitude qui s’instaure depuis le vote en faveur du Brexit et les enjeux sécuritaires paneuropéens ont affecté l’activité à Londres en 2016. En dépit du maintien de la consommation et du retour de la confiance des ménages après la surprise des résultats du référendum sur la sortie de l’Union, les perspectives économiques s’orientent plutôt vers un ralentissement de la croissance économique (+2,0% en 2016, +1,5% en 2017 et +1,2% en 2018) pendant la période de négociation des conditions de sortie du Royaume- Uni de l’Union Européenne. Mais la dépréciation de la livre sterling par rapport à l’euro pourrait soutenir l’activité touristique en rendant la destination plus attractive, tant pour les clients internationaux que pour les britanniques eux-mêmes. Dans ces conditions, c’est plutôt l’évolution des prix (exprimés en £) qui pourrait soutenir l’activité hôtelière.En Espagne, le rebond de l’activité hôtelière est spectaculaire depuis 2 ans. Le RevPAR a enregistré en2016 une nouvelle progression à deux chiffres (+12,4% en 2016 après +12,5% en 2015). Les taux d’occupation continuent de croître et amènent le niveau général à 72,5%, soit un record depuis le début de la décennie 2000, période caractérisée par une phase d’expansion démesurément rapide de l’offre. Les opérateurs ont d’ailleurs au cours des derniers exercices procédé à un nettoyage du parc conduisant au retrait de l’offre des établissements les moins rentables. La destination reste caractérisée par une excellente compétitivité-prix qui permet de capitaliser sur le rebond européen et d’attirer des clientèles continuant d’éviter les destinations du Maghreb ou du Moyen-Orient pour des motifs de sécurité. Les prix moyens disposent par conséquent de suffisamment de marge de manoeuvre pour continuer leur redressement (+8,1% en 2016 après +7,0% en 2015). Toutefois, même si les perspectives restent positives ce rebond devrait s’atténuer, d’autant que l’économie pourrait ralentir, même si la croissance économique est attendue toujours à plus de 2% (+3,2% en 2016, +2,3% en 2017 et +2,1% en 2018 selon l’Union Européenne).L’Italie a enregistré en 2016 un recul des performances hôtelières qui était anticipé compte tenu du caractère exceptionnel de l’année 2015, mais la baisse a été contenue. Les taux d’occupation sont restés à des niveaux équivalents à ceux de 2015 alors même qu’ils avaient progressé de 2,1 points par rapport à 2014, une base de comparaison plus appropriée. Et les prix moyens, qui avaient augmenté de 8,2% en 2015, ont baissé de 5,6% seulement en 2016. Faisant abstraction de l’exercice 2015, exceptionnel du fait de la succession d’événements majeurs, les prix moyens s’inscrivent donc depuis deux ans dans une phase de légère croissance. Les perspectives sont donc aujourd’hui meilleures pour le secteur hôtelier italien qui a regagné en compétitivité après un repositionnement tarifaire qui s’était soldé par des baisses continues entre 2007 et 2014, d’autant que l’environnement économique domestique se redresse lentement :+0,9% en 2016, +0,9% en 2017 et +1,1% en 2018 attendus par l’Union Européenne. Les chaînes restent encore marginales sur un parc hôtelier qui dépasse le million de chambres et est largement dominé par les indépendants; cela leur offre des marges de manoeuvre supplémentaires.L’émergence de nouveaux conceptsAu-delà des évolutions de l’environnement économique, le secteur de l’hospitality connait de profondes mutations à même de peser sur les performances hôtelières à venir. Si la concurrence d’AirBnB est forte à Paris, son poids est également important dans les métropoles de province, en particulier sur les segments aux extrémités de l’offre d’hébergement (le luxe et surtout le segment budget). En Europe, l’impact d’AirBnB reste concentré sur les capitales (Londres, Amsterdam, Berlin…) et les grandes agglomérations (Barcelone, Milan…). En parallèle, de nouveaux acteurs arrivent sur le marché avec des produits hybrides. Qu’il s’agisse des résidences urbaines, des auberges de jeunesse ou de nouveaux concepts hôteliers, tous ces nouveaux produits revisitent l’expérience client et redéfinissent l’offre de service avec le plus souvent une exigence de prix modérés. L’impact de cette nouvelle donne est à prendre en considération sur les évolutions futures de l’hôtellerie, notamment en termes de positionnement tarifaire.Dans ce contexte, les rapports détaillés de prévisions d’activité hôtelière par gamme, pour les pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique) et leurs capitales, offrent une visibilité indispensable sur l’activité à venir en Europe. Retrouvez-les sur la boutique Hospitality ON.

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