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Interviews

Pascale Jallet SNRTA "Il y a eu beaucoup d'adaptation mais pas toujours sans douleur"

Entretien bilan avec Pascale Jallet déléguée générale du syndicat national des résidences de tourisme qui vient d'obtenir de la part des institutions une prorogation pour le classement Atout France des établissements en travaux.

Bilan de l’été 2021

Il y a eu des petites nuances mais globalement l'été s'est très bien passé. Sur le littoral les établissements ont performé à +8 % par rapport à l’année dernière et c’était sur toutes les côtes même si c’est encore plus visible dans le sud que sur la côte nord-ouest.

La saison en montagne se termine sur une fréquentation de -0,4 % par rapport à l'année dernière mais l'année dernière était exceptionnelle, les gens s'étaient précipités sur la montagne et les grands espaces. Les Pyrénées notamment ont connu une très bonne activité.

Nous avons noté également un retour des clientèles européennes proches, Belges, Allemands et Néerlandais mais il manquait encore les Italiens et les Anglais cet été. Globalement c'est une saison très satisfaisante.

En ville c'est plus compliqué, toutes les villes du sud se sont bien débrouillées et ne sont quasiment plus en retard par rapport à 2019 même si on observe encore un petit retard très faible. Par contre tout ce qui est 4-5 étoiles et tout ce qui est nord de la France c’est encore très difficile en ville, je pense qu’il va falloir attendre 2022.

Le modèle résidence de tourisme

Globalement c'est vrai que le modèle résidence de tourisme a bien résisté pendant la crise parce qu'il est particulièrement bien adapté. Le fait de proposer un hébergement en toute autonomie et des services à la carte, c'est extrêmement souple et extrêmement bien adapté aux périodes de crise sanitaire.

Quant aux formules village pendant la crise, les villages sont restés fermés assez longtemps donc c'était compliqué.

Pour toutes les résidences de tourisme traditionnelles, hébergements avec services à la carte, tout s’est très bien passé donc le produit souple est celui qui a le mieux résisté. Par exemple en ville, toutes les résidences 2-3 étoiles ont trouvé des nouvelles clientèles, ont développé tous les séjours longs avec peu de services pour que les gens soient vraiment indépendants chez eux. Elles ont trouvé des nouvelles clientèles […].

Il y a eu beaucoup d'adaptation mais pas toujours sans douleur parce qu’il faut s'adapter aux besoins des nouveaux clients mais ça a très bien fonctionné. On a cette souplesse qui a bien fonctionné dans les villes, un autre exemple de souplesse en tourisme c'est que beaucoup de résidences ont essayé dans la mesure du possible de sortir du samedi-samedi. […]

Les défis qui s’annoncent

Les gros défis ça va être de retrouver des capacités d'investissement parce qu'aujourd'hui tout le monde est un petit peu exsangue, les trésoreries sont à zéro. D'autant plus qu'on a eu le traumatisme de l’hiver 2020 à la montagne où le chiffre d’affaires a baissé de 80% puisqu’il n’y avait pas de remontées mécaniques. Avec nos résidences de tourisme qui sont toutes en altitude, 72% sont au-dessus de 1 500 m. Donc aujourd'hui le défi c’est de récupérer les indemnisations promises et qui à l’heure actuelle ne sont toujours pas versées. C’est compliqué d'attaquer une nouvelle saison à la montagne sans avoir rien touché pour l’hiver 2020, ça c'est donc le premier défi. Le Gouvernement est bien conscient et on échange là-dessus.

Ensuite le deuxième défi sera de reclasser tout ce parc parce que les classements ont été prolongés et suspendus pendant toute cette période Covid. Tout le monde est en train de faire ses plans de travaux pour remettre les produits à niveau et pour avancer. Je ne dis pas qu'ils se sont totalement dégradés pendant la crise mais on a juste perdu un an donc maintenant il faut vraiment se remettre au travail et puis essayer de remettre tout ça à niveau.

Le maintien du parc dans le classement Atout France

Chacun va travailler sur le sujet. Nous travaillons également en tant que syndicat avec Atout France pour trouver une solution parce qu’il va y avoir de nombreuses demandes de classement en 2022. Les organismes certificateurs ne pourront pas suivre et comme je vous le disais les exploitants auront besoin d’étaler leurs budgets, ils ne pourront pas tout sortir de suite. Nous avons donc trouvé une solution avec Atout France, qui a été validé le 6 octobre lors de la commission nationale de l'hébergement touristique pour étaler ces classements sur un peu plus que quelques mois.

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