Édito
La Tribune de Georges

6 septembre 2017

La créativité est une drogue dont l’hôtellerie ne peut se passer

Georges Panayotis

L’enthousiasme est à la base de tout progrès, Henry Ford figure de la Révolution industrielle montrait il y a plus d’un siècle la voie du progrès à travers cette maxime. Notre société évolue de plus en plus rapidement, si l’on ne peut prédire les évolutions qui bouleverseront l’hôtellerie demain, on peut néanmoins être certains qu’elles auront lieu.

On le sait, de nouveaux produits naîtront, de nouvelles procédures et de nouvelles organisations verront le jour. L’intelligence artificielle et la robotisation changeront les métiers et la place de l’homme. Elles viendront alléger les frais d’exploitation. Les hébergements seront plus écologiques, plus économiques, plus ergonomiques, plus ludiques, plus conviviaux et plus compétitifs. Nous ne pouvons que nous enthousiasmer pour cette nouvelle ère qui va bientôt voir le jour. Après la sédentarisation de l’homme, puis la révolution industrielle, nous sommes aux portes de la révolution numérique et sociétale de demain qui va sans nul doute impacter fortement le secteur de l’hébergement marchand dans tous les aspects de l’industrie que nous connaissons.

Mais d’où viendra la rupture ? Les hôteliers seront-ils les acteurs de leur propre révolution ou viendra-t-elle de l’extérieur ? Nul ne le sait mais on ne pourra pas dire qu’on n’était pas au courant, tout au plus pourra-t-on invoquer la violence de l’impact. Quoi qu’il en soit la révolution est en marche. Menée par le numérique et par une clientèle toujours mieux informée, qui devient experte et attend un produit qui réponde exactement à ses attentes.

Tous les secteurs en lien avec le produit hébergement seront fortement impactés : le transport, la restauration, les animations, les activités, les services annexes… c’est bien tout l’écosystème du voyage qui sera touché à terme.

Certains groupes hôteliers se sont dessaisis de leurs actifs pensant pouvoir échapper aux CAPEX et aux investissements nécessaires pour repositionner leurs hôtels. Mais l’épée de Damoclès n’a peut-être pas été enlevée, elle a simplement été placée plus haut, hors de vue. Animés par une vision trop court-termiste certains n’ont pas assez tenu compte des tendances souhaitées par  les nouvelles générations de clientèles. D’autres commencent à revenir mais rares sont ceux qui accompagnent le mouvement. Qu'en sera-t-il si des acteurs extérieurs prennent aussi le contrôle de l’hébergement, après avoir pris le contrôle du digital et de la distribution? Quelle valeur auront des groupes hôteliers porteurs de marques dépassées face à ces nouvelles licornes?

En construisant pas à pas, sur des bases solides une politique d’offre cohérente, réfléchie, avec une touche locale en intégrant la robotisation et l’intelligence artificielle on peut préparer au mieux l’industrie hôtelière de demain. C’est indispensable et c’est nécessaire car la productivité et la compétitivité seront apportées essentiellement par ces futures pépites.

Il faut dès maintenant réfléchir et expérimenter les concepts de demain sans oublier le repositionnement et la transformation des produits existants.

Le dinosaure qu’est l’hôtellerie traditionnelle mettra du temps à se mettre en mouvement dans un monde où tout va très vite. Rien ne sert de courir il faut partir à point certes, alors partons dès maintenant pour ne pas être coiffés au poteau.

Directeur de la publication