Analyses

A Maastricht, le succès du tourisme ne fait plus débat

Après avoir traité par la manière forte le "tourisme de la drogue" interdit depuis 2010, Maastricht s'est peu à peu reconstruit une image touristique plus équilibrée. A l'appui de ressorts plus durables, l'hôtellerie de la ville prend aujourd'hui son essor : sur les 7 premiers mois de 2017, ses performances ont franchi de nouveaux records. 

Maastricht Maastricht

Au cœur d’une importante voie militaire qui traversait l’Europe durant la période romaine, Maastricht a toujours eu une place de choix au cœur du continent.

Connue pour être le lieu de signature du traité de Maastricht, fondateur de l’Union Européenne et de l’euro, la ville frontalière avec la Belgique et l’Allemagne avait autrefois une économie basée sur la fabrication de verre et l’industrie du ciment, mais s’est réorientée vers le secteur tertiaire à la fin du XXe siècle. En effet, la ville de 120 000 habitants profite des synergies possibles entre son emplacement au cœur de régions européennes dynamiques, à proximité d’importantes métropoles (Liège, Düsseldorf et la région de la Ruhr, Bruxelles…), et sa forte concentration d’étudiants : l’université de Maastricht compte 15 000 étudiants, dont plus de la moitié sont étrangers.

Maastricht s’appuie donc beaucoup sur sa notoriété de « ville étudiante » pour attirer les touristes d’agrément. La ville a en effet gardé une réputation festive, même si le profil des visiteurs a nettement évolué au cours de la décennie. Car, lassée des nuisances occasionnées par le « tourisme de la drogue », la ville a interdit depuis 2010 la vente de cannabis aux étrangers dans les coffee shops, entraînant la fermeture de la plupart d'entre eux. Mais sa vie nocturne, ses festivals, son centre historique (notamment la librairie « des dominicains » dans une église gothique datant du XIIIème siècle) et ses rues commerçantes animées ont pris le relais, et font de Maastricht une ville aujourd’hui en plein développement touristique.

Des événements de grande ampleur y sont organisés chaque année, tels que la TEFAF, l’une des plus grandes foires mondiales d’antiquités, le Preuvenemint qui est un festival autour de la culture culinaire locale et qui rassemble plus de 100 000 visiteurs chaque année, ou encore HoliFusion et Kingsland qui sont des festivals de musique électronique.

Profitant de l’attrait touristique grandissant de Maastricht, son hôtellerie s’y porte bien. Pendant que l’offre s’y développe, avec notamment l’ouverture prévue cette année du boutique Hotel Monastère Maastricht opéré par Vondel Hotels (un établissement 4 étoiles dans un bâtiment datant du XIVème siècle), les performances sont elles aussi sur une tendance croissante : 

Selon les données de l’Observatoire MKG Consulting – OlaKala_destination, le taux d’occupation des hôtels s’est ainsi élevé à 72,2% sur les 7 premiers mois de 2017, en hausse de 3,4 points par rapport à la même période en 2016. Et le prix moyen suit, avec une croissance de 6,5%. Ensemble, les gains de fréquentation et de prix permettent aux hôtels de Maastricht de voir leur RevPAR croître de 11,7% début 2017. La tendance est favorable depuis plusieurs années : entre 2012 et 2016, le taux d’occupation avait déjà crû de plus de 5 points, et le prix moyen a amorcé une hausse en 2014, gagnant +7,5% en 2 ans.

Maastricht semble donc avoir trouvé son équilibre, à contre-courant de ces villes américaines qui projettent de développer des resorts dédiés au cannabis mais aussi de ces villes européennes qui veulent dissuader les touristes de venir. Loin de ces préoccupations, le tourisme peut aujourd'hui aller de l'avant sur les rives de la Meuse.