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Ces destinations qui chassent le tourisme de masse

Les mesures dissuasives mises en place par certaines municipalités et sites très (trop?) touristiques se sont multipliées ces dernières années. Leur objectif : limiter les flux de visiteurs afin de lutter contre la détérioration des quartiers ou monuments, ou encore la montée des prix de l’immobilier, souvent sources de conflit avec les populations locales. Tour d'horizon de ces dispositifs "anti-tourisme". 

Ces destinations qui craignent le tourisme de masse Ces destinations qui craignent le tourisme de masse

Limitation des offres d’hébergement, contrôle du nombre de visiteurs autorisés, mise en place de mesures restrictives dans les centres urbains…De plus en plus de villes et sites touristiques mettent désormais en place des actions afin de faire face aux nuisances du tourisme de masse, lorsqu'il est mal perçu par la population locale qui déplore non seulement la dégradation de certains quartiers ou monuments mais également la montée des prix de l’immobilier et le manque de logements non touristiques. 

A Venise ou à Barcelone par exemple, des mesures visant à interdire la construction ou la conversion de bâtiments en hôtels dans le centre-ville ont été récemment annoncées. Les plateformes de type Airbnb, également dans le viseur des grandes municipalités, doivent par ailleurs faire face à des réglementations de plus en plus strictes. A Barcelone, des procédures ont été mises en place pour contraindre les plateformes ayant loué des appartements sans numéro de licence à payer une amende à hauteur de 600 000 euros. La ville de Berlin a également interdit la location de logements complets sur Airbnb lorsqu’il s’agit d’une résidence principale.

Au-delà des hébergements, certaines destinations misent sur une régulation du nombre de visiteurs autorisés. C’est notamment le cas de l’île de Santorin en Grèce, qui limite à 8000 le nombre de débarquements par jour, ou encore la région de Ligurie en Italie, qui expérimente un système pour contrôler le nombre de visites de cinq villages de pêcheurs classés au patrimoine mondial de l’Unesco. D’autres attractions populaires, comme le Machu Picchu ou le Mont Everest tendent vers ces mesures, et exigent par exemple que les visiteurs soient accompagnés d’un guide reconnu. 

Des mesures restrictives sont par ailleurs mises en place dans les grandes villes, comme à Milan où les foodtrucks sont bannis, et où il est désormais interdit de se promener avec une canette, un verre à la main et même une perche à selfies. Même chose à Rome, où les touristes ne sont par ailleurs plus autorisés à s’asseoir sur les bords des fontaines du centre-ville ou à s’y baigner, ni même à manger à proximité, sous peine de recevoir une amende. A Florence, les marches des principales églises sont arrosées à l’heure des déjeuners pour empêcher les pique-niques improvisés. De leur côté, les villes de Venise ou Vérone ont interdit la commercialisation de plats non locaux dans certains endroits touristiques.

Enfin, certaines villes telles qu'Amsterdam ont opté pour un système de taxes de séjour visant à obtenir une meilleure répartition des flux touristiques, en valorisant par exemple les alentours de la capitale plutôt que le centre-ville, où la taxe est plus élevée.

Pour autant, le tourisme constitue pour beaucoup de destinations une source de revenus non négligeable, notamment en Espagne et en Italie, et en limiter l’importance ne s’avère donc pas forcément la meilleure solution d’un point de vue économique.