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L'assureur Anbang contraint par le gouvernement chinois à vendre ses joyaux hôteliers ?

Les autorités chinoises viennent de demander à l'assureur Anbang de céder ses actifs à l'étranger. Or, s'il n'avait pas réussi à ravir Starwood Hotels & Resorts à Marriott International, l'assureur s'était tout de même constitué un important portefeuille hôtelier ces derniers mois. 

Waldorf Astoria NY Waldorf Astoria NY

L'assureur chinois Anbang s'est fait un nom hors de ses frontières à coup d'acquisitions spectaculaires en Occident, à commencer par le véritable feuilleton qui avait animé les marchés financiers lors du rachat de Starwood Hotels & Resorts par Marriott International (Anbang avait déposé des offres successives qui avaient contraint Marriott à surenchérir pour finalement l'emporter).

Mais s'il n'était pas parvenu à mettre la main sur Starwood Hotels & Resorts, le groupe alors dirigé par Wu Xiaohui, entrepreneur chinois à succès qui vient d'être récemment débarqué car faisant l'objet d'enquêtes de la part des autorités, n'en a pas moins procédé à de nombreuses acquisitions d'hôtels hors des frontières chinoises.

Cela a commencé par le rachat en 2014 pour près de 2 milliards de dollars du Waldorf Astoria NY, qui vient de fermer pour 3 ans dans le cadre de travaux de rénovation, qui conduiront notamment à la conversion de certaines chambres hôtelières en appartements "condominiums".

Mais Anbang a aussi repris au printemps 2017 l'hôtel DoubleTree by Hilton Amsterdam, et surtout en 2016 le portefeuille Strategic Hotels & Resorts, valorisé à 6,5 milliards de dollars, qui comprenait les hôtels suivants :

Mais les hôtels ne sont bien sûr pas le seul véhicule d'investissement à l'étranger d'Anbang, qui a notamment racheté les assureurs Tong Yang Life en Corée du Sud, Vivat aux Pays-Bas ou Fidea en Corée du Sud. Ainsi, si les autorités chinoises auraient selon plusieurs sources ordonné à Anbang de céder ses actifs à l'étranger, il n'est pas certain que cela se matérialise dans le segment de l'immobilier. D'autant que le groupe a pour l'instant démenti auprès de Bloomberg étudier toute forme de cession : cette procédure en cours pourrait donc être une stratégie des autorités chinoises pour contraindre de manière effective ses opérateurs les plus gourmands à cesser leurs acquisitions à l'étranger, plutôt que pour leur infliger des ventes forcées.

Qu'adviendra-t-il alors du portefeuille hôtelier d'Anbang ? La question demeure en suspens.