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Résultats du premier semestre 2017 : AccorHotels en forme internationale

Le groupe français a révélé aujourd’hui les faits saillants de son activité hôtelière depuis le début de l’année, ainsi que les orientations stratégiques à venir. Moins dépendant de sa performance sur son territoire d’origine, il confirme son appétit pour les marchés émergents et asiatiques. 

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Le groupe AccorHotels a annoncé les résultats de son premier semestre 2017, signant notamment un chiffre d’affaires estimé à 922 millions d’euros (+33,5% en publié, +8,3% à périmètre constant) et un résultat d’exploitation à 226 millions d’euros (+68% en publié, +33,9% à périmètre constant). « Les résultats de AccorHotels pour ce premier semestre 2017 sont particulièrement solides, » s'est félicité Sébastien Bazin, son PDG. « Ils reflètent à la fois la croissance de notre activité hôtelière, l’intégration rapide des marques récemment acquises, notre développement dynamique et la montée en puissance de nos nouvelles activités. » Le dirigeant d’AccorHotels a également fixé le cap de l’année en cours, visant un résultat d’exploitation entre 460 et 480 millions d’euros pour 2017.

Si ces résultats positifs peuvent en effet être en partie imputés aux acquisitions et aux prises de participations du groupe, nombreuses ces derniers mois, ils doivent également au développement organique de l’offre ainsi qu'à la bonne santé des marchés-clés d’AccorHotels.

En termes de développement, l’hôtelier a fait état de 23 000 chambres ouvertes dans le monde au 1er semestre. Selon le classement mondial publié par Hospitality ON, AccorHotels se classait 6ème groupe hôtelier mondial au 1er janvier 2017, avec un portefeuille de 4 149 établissements totalisant 583 783 chambres. Même s'il faut aussi tenir compte des sorties de réseau, le cap symbolique des 600 000 chambres en exploitation devrait donc être largement dépassé au 1er janvier 2018.

En ce qui concerne les performances, les régions Asie/Pacifique et Europe font la course en tête, avec une croissance de leur chiffre d’affaires de respectivement +9,3% et +8,1% à périmètre constant par rapport à la même période en 2016. Le retour du marché français et suisse à une dynamique positive (+3,7%) permet au fief historique de contribuer de nouveau positivement aux résultats du groupe, alors que sur l’exercice de l’an passé, le groupe avait vu son chiffre d’affaires chuter de 2,6% dans son pays d'origine.

Sébastien Bazin a également fait référence à la finalisation du projet Booster. « La filialisation de l’activité AccorInvest est achevée. Les discussions concernant l’ouverture de cette activité à des investisseurs tiers sont en cours », a déclaré le PDG d’AccorHotels. Une légère inflexion du vocabulaire -le terme de "cession" était jusqu'ici privilégié- qui ouvre la porte à des possibles cessions partielles, des consortiums ou des prises de participation ?

Stratégiquement, deux orientations notables sont discernables dans la stratégie de l’hôtelier français : d’un côté, il confirme sa volonté de diversification, avec notamment les rachats récents des plateformes de réservation de résidences haut de gamme entre particuliers Travel Keys et de Squarebreak (consolidées sous enseigne onefinestay il y a quelques jours). En parallèle, il signe des partenariats avec des opérateurs régionaux, comme le turc Rixos ou le brésilien BHG en mars dernier. Cela entérine son appétit retrouvé pour les bonnes affaires sur le marché de l'hôtellerie "traditionnelle" : l'acquisition stratégique de ces opérateurs basés en Turquie et au Brésil, des marchés qui connaissent actuellement d'importantes difficultés mais apportent un fort potentiel de croissance à moyen terme, n'aurait pas dépareillé dans un groupe de "private equity", ces acteurs dont la stratégie est bien connue du Comité Exécutif du groupe. A noter également que la prise de participation d'AccorHotels à 50% dans Rixos permet au groupe français de s’inviter de plus en plus dans le secteur des resorts, un marché qui a retrouvé une forte dynamique de croissance (voir à ce sujet notre dossier sur les Îles Canaries).

Mais si ces résultats témoignent de la bonne dynamique financière du groupe et de son potentiel de croissance, leur principal enseignement est peut-être celui de la mutation de l'exposition géographique du groupe. Si son parc hôtelier est depuis longtemps sorti des frontières de l'Hexagone, les résultats d'exploitation et les performances financières d’AccorHotels sont longtemps restées corrélées à son marché d’origine.

Avec 27% du résultat d'exploitation au 1er semestre 2017, la région France & Suisse n’apparaît désormais plus comme l'élément le plus déterminant de sa réussite. Et l'Europe dans son ensemble pèse désormais pour un peu plus de la moitié des résultats du groupe, contre 70% l'an dernier, du fait de la montée en puissance des zones Asie-Pacifique et Amérique du Nord & Caraïbes, via son développement et l'intégration de Fairmont Raffles Hotels International dans ses comptes. Une tendance appelée à se prolonger, car sur les 910 hôtels (167 000 chambres) annoncés dans les tuyaux du groupe, 81% sont destinés aux marchés émergents et 45% à la zone Asie-Pacifique.