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GLF 2017 : Quelle place le collaboratif occupera-t-il dans le nouveau paysage de l'hospitality ?

A l'occasion du Global Lodging Forum, qui s'est tenu les 10 et 11 avril 2017 à l'hôtel Pullman Paris Montparnasse, quatre professionnels de l'hôtellerie sont venus partager leur vision de l'économie collaborative. Retrouvez les points clés de cette table ronde. 

Jean-Bernard Falco, President de l'AhTop; Magali Boisseau Becerril, Founder & CEO, BedyCasa; Clara Audry, Directrice du développement, onefinestay; Emmanuel Arnaud, Président de Guest to Guest Jean-Bernard Falco, President de l'AhTop; Magali Boisseau Becerril, Founder & CEO, BedyCasa; Clara Audry, Directrice du développement, onefinestay; Emmanuel Arnaud, Président de Guest to Guest

Quelle place pour les hébergements entre particuliers dans le nouveau paysage de l'hospitality ?

Magali Boisseau Becerril, Founder & CEO, BedyCasa

  • "Notre société a été créée en 2007, après avoir réalisé une soixantaine de voyages dans le monde. Je recherchais un nouveau mode d’hébergement, pour une clientèle plus large. Cinq années ont été nécessaires à la recherche de fonds. Airbnb est arrivé en 2012. Notre écosystème est français, nous payons nos taxes en France."
  • "Notre panier moyen s'établit entre 30 et 40 euros."
  • "Nous avons eu recours à l’utilisation de l’hébergement chez l’habitant, nous avons tous une vision d’utilisateurs."

Clara Audry, Directrice du développement, Onefinestay

  • "AccorHotels nous a acquis en avril 2016. Nous avons toujours respecté les règles du jeu."
  • "Notre concept repose sur une offre d’hébergement privé avec une équipe proposant un service hôtelier."
  • "Notre prix moyen à la nuit est de 500 euros."
  • "Nous répondons à un nouveau besoin de différents types de clients, notamment les familles, parfois avec plusieurs générations et pour des durées de séjours plus longues : nous bénéficions d’une durée moyenne de séjour de sept nuits et jusqu’à 10 nuits aux USA)."
  • "D’un point de vue externe, nous sommes souvent comparés à un “Airbnb de luxe” mais en réalité nous proposons une offre différente en proposant aux invités qui séjournent chez nous un service en plus. Des équipes qui sont les pendants du réceptionniste et du service client."

Jean-Bernard Falco, Président, AhTop

  • "Il faut rappeler le contexte macro-économique : le tourisme, c’est 7,3% de notre PIB, il s’agit du premier employeur de France. Il représente 13 milliards d’investissement chaque année. Près de la moitié sont des investissements dans l’hébergement et le tourisme. 90 000 jeunes sont embauchés chaque année. La France accueille environ 85 millions de visiteurs chaque année. Il y a de la place pour tout le monde. Notre objectif est de faire prendre conscience aux acteurs politiques de l’importance du secteur."
  • "Les acteurs du numérique sont les bienvenus mais nous devons jouer avec les mêmes règles du jeu. Chacun doit respecter les règles et obligations fiscales réglementaires… Il faut faire la distinction entre ceux qui font cela de façon professionnelle et les autres. Airbnb a annoncé 400 000 annonces et locations en 2016 ; sur une année c’est 200 000 de plus que l’an passé, cela ne peut pas fonctionner. Il faut prendre en compte le terrain réglementaire et social."

Êtes-vous resté fidèle à votre modèle ? Pouvez-vous vivre décemment tout en le respectant ?

Magali Boisseau Becerril, Founder & CEO, BedyCasa

  • "Nous prenons une commission sur chaque transaction. Le voyageur traditionnel revient à 40% dans un hébergement de l’économie collaborative."
  • "On a beaucoup de nouveaux inscrits. On recrute beaucoup de nouveaux hébergements."
  • "Notre modèle est viable et rentable. Depuis notre création, nous avons un statut d’agent immobilier en France."
  • "Notre modèle, qui est un modèle de partage de revenu, est le même dans tous les pays. Après il y a des variations sur les différents marchés." 

Emmanuel Arnaud, Président de GuestToGuest

  • "Notre concept repose sur l’échange de villas pour les vacances à titre gratuit. Il s’agit de l’hospitalité à titre amateur."
  • "Nous sommes parvenus à maintenir cette constante : que l’invité ne reverse aucun argent à l’hôte et vice versa. Nous proposons la vente de services optionnels. Nous avons opéré une levée de fonds de 33 millions d’euros et réalisé le rachat de notre concurrent américain (qui propose un abonnement à 150 euros annuels)."
  • "Nous enregistrons environ un million de nuitées dans 180 pays."
  • "L’économie est la motivation principale dans l’échange de maisons."
  • "On a peur d’être une victime collatérale en terme de réglementation. Peur d’être mis dans le même sac."
  • "L’échange est une belle promesse. Le potentiel est donc immense."

Ressentez-vous une pression de la part des propriétaires ?

Magali Boisseau Becerril, Founder & CEO, BedyCasa

  • "On a établi un cahier des charges très strict. Très peu d’hébergements correspondent à ceux qui veulent gagner un maximum d’argent et qui ne respectent pas les règles."

Clara Audry, Directrice du développement, Onefinestay

  • "Ils habitent leur appartement, ont des effets personnels. Leur motivation est de l’ordre de la simplicité et non avant tout financier. L’offre devient très abondante.
  • "Depuis qu’on a lancé Paris, l'effort se fait notamment sur l’éducation des propriétaires."

Beaucoup de retraités utilisent cela comme un complément de revenu qu’en pensez-vous? Avez-vous un message à envoyer aux propriétaires ?

Jean-Bernard Falco, Président, AhTop

  • "On peut cohabiter, la difficulté est de fixer le bon seuil."
  • "De plus en plus, nous avons envie de vivre une expérience différente, il faut l’accepter. Je suis bien sûr en faveur d’une mesure permettant aux personnes d’améliorer leurs fins de mois."

Quels sont vos rapports avec les autorités locales ?

Emmanuel Arnaud, Président de GuestToGuest

  • "Nous sommes victime du syndrome Uber et Airbnb. Il est difficile de faire entendre aux autorités locales qu’il y a d’autres modèles. On n'arrive pas a créer une relation plus constructive ; nous passons notre temps à rappeler que “attention nous ne sommes pas Airbnb”

Magali Boisseau Becerril, Founder & CEO, BedyCasa

  • "On a des communes qui demandent aux hébergeurs de payer la taxe de séjour. Certaines communes créent une distinction entre ceux qui louent leur hébergement de façon ponctuelle et les autres. Il n’y a pas de distinction entre chambres d’hôtes, B&Bs, … et les propriétaires se tournent vers leur mairie mais celles-ci ne disposent pas des documents adéquats. Il existe un flou juridique."