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Airbnb propose la régulation automatisée des locations à 120 jours/an

Face à une pression accentuée des autorités publiques, Airbnb vient de proposer à la Mairie de Paris, et plus généralement dans toutes les villes françaises où il est implanté, un système automatique de retrait des annonces qui arrivent à la limite légale des 120 jours de location annuelle. 

Assez astucieusement, et avant que la nouvelle législation sur l'économie numérique se mette en place via des décrets d'application, le représentant en France d'Airbnb, Emmanuel Marril, a fait savoir à travers un entretien accordé au Parisien et à l'AFP, qu'il avait proposé à la Mairie de Paris, en premier lieu, d'instaurer une limitation automatique de présence des annonces sur le site. Une fois atteint le seuil des 120 jours de location par an, l'annonce disparaît.

Ce témoignage de bonne volonté s'inscrit dans le souhait d'Airbnb de désamorcer les conflits qui enflent avec les autorités municipales qui déplorent l'évasion d'appartements en location longue durée vers le marché plus lucratif des courts séjours, et face aux plaintes de plus en plus audibles des occupants d'immeubles "envahis" à toute heure du jour et de la nuit par des visiteurs peu attentifs aux perturbations sonores qu'ils provoquent.

Pour mémoire, les différentes interventions de l'Ahtop auprès des parlementaires ont conduit à l'adoption de plusieurs amendements pour la Loi de Finances 2017, instaurant l'inscription des propriétaires auprès de leur mairie, la publication de ce numéro d'inscription sur les annonces des plateformes, pour en valider la conformité, la limitation obligatoire de la durée de location de la résidence principale, et uniquement la résidence principale, à 120 jours par an, et enfin la transmission des revenus générés par la location directement par les plateformes à l'administration fiscale. 

La mise en place de ces mesures va s'étaler entre juillet 2017 et janvier 2019, le temps de faire paraître les décrets d'application et de mettre l'administration en état d'y faire face. Airbnb prend les devants pour montrer sa démarche citoyenne et négocier, sans doute, un allègement des procédures pour les "hôtes" de bonne foi. Il s'engage d'ailleurs à faire la chasse aux professionnels non déclarés en statut de loueur meublé, une toute petite minorité affirme Emmanuel Marrill, en leur présentant les risques encourus.