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Les Villages Clubs du Soleil se lancent dans les destinations urbaines

Un an et demi après la fusion du groupe avec Renouveau Vacances, Les Villages Clubs du Soleil ont su donner un nouvel élan aux sites opérés par cet autre opérateur historique du tourisme social et solidaire. Alors que se profile une année particulièrement positive pour leur activité, les Villages Clubs affichent désormais de nouvelles ambitions: le Président du directoire Alex Nicola a ainsi confirmé quelques projets qui devraient faire parler d'eux.

Village Club du Soleil "Marseille, La Belle de Mai" (Fradin Weck Architecture / Arka Studio) Village Club du Soleil "Marseille, La Belle de Mai" (Fradin Weck Architecture / Arka Studio)

Alex Nicola est un Président comblé: il faut dire que les bonnes nouvelles s'accumulent pour les Villages Clubs du Soleil, l'un des principaux acteurs français du secteur des villages vacances. Malgré un début de saison hivernale difficile lié au manque de neige, le groupe a réussi son objectif, avec plus de 450 000 journées vacances enregistrées dans ses villages cet hiver - soit une hausse de 2,8% à périmètre constant, et un chiffre d'affaires qui devrait progresser de 5%. Pour le seul hiver 2015/2016, il atteindra au final 39,2 millions d'euros (65 millions sur l'année 2015). La saison revêt une importance particulièrement stratégique pour le groupe, puisque 14 de ses 21 établissements sont situés en montagne depuis sa fusion avec Renouveau. A travers cette opération, la S.A. Les Villages Clubs du Soleil appartient dorénavant à deux structures associatives actionnaires : Renouveau Vacances (16,32%) et Villages Clubs du Soleil (83,68%).

La dynamique actuelle encourage aujourd'hui le groupe (qui a quasiment ouvert un établissement par an dans les années 2000) à se lancer de nouveau dans une logique de développement. L'idée est aujourd'hui d'initier "une diversification en termes de dimension géographique, avec une déclinaison des Villages Clubs du Soleil en destinations urbaines." Et c'est à Marseille, le berceau du groupe, que va prendre forme ce projet pionnier : Le Village Club du Soleil "Marseille, La Belle de Mai" y fera ses débuts en février 2017, et sera donc le 22ème établissement du réseau. Il sera situé dans les murs de l'ancienne maternité de la Belle de Mai, au cœur de la cité phocéenne. En octobre dernier, le groupe a signé avec la Mairie un bail emphytéotique et administratif de 35 ans pour l'administration du site, après "un vote unanime des élus". Grâce à un apport de la Caisse des Dépôts et Consignations (40% de la SCI créée), près de 13 millions d'euros ont été investis dans le projet de 124 chambres, qui pourra accueillir jusqu'à 350 personnes.

Ouvert toute l'année, le site proche de la Gare Saint-Charles accueillera non seulement des familles, cœur de cible de l'activité des Villages Clubs, mais aussi des groupes, des seniors et des voyageurs d'affaires - proposant ainsi des espaces de séminaires. Le groupe a choisi d'ouvrir véritablement à ses vacanciers les portes de la ville : au-delà de l'offre classique de ce type d'hébergement (service tout compris, animations, club enfant, piscine, etc.), un séjour sur place sera adapté au tourisme urbain, en incluant notamment un "city pass" couvrant l'ensemble des transports marseillais, un accès gratuit aux musées, ainsi que l'organisation de circuits thématiques à travers la ville et dans ses alentours. D'après Alex Nicola, d'autres possibilités pourraient s'ouvrir aux vacanciers, avec par exemple le développement de séjours mixtes. "L'une des idées auxquelles nous réfléchissons et de coupler le village de La Belle de Mai avec d'autres sites du groupe, par exemple à Saint-Tropez, Orcières, Varces ou Digne. Nos clients pourront ainsi combiner tourisme urbain avec un séjour axé sur le sport, la culture ou les aspects ludiques du tourisme."

Alors que le groupe compte bien renforcer la qualité de son offre, avec des investissements de rénovation compris entre 2 et 3 millions d'euros par an dans ses différents villages, cette stratégie de diversification pourrait bien elle aussi devenir un axe de développement majeur. Après ce projet précurseur, le Président du Directoire a en tout cas d'autres destinations en tête. "La diversification a aujourd'hui plus de sens sur l'urbain que sur la mer, puisque un site bénéficie ainsi d'un tourisme garanti, avec une sécurisation de l'activité tout au long de l'année. Nous avons aujourd'hui quelques cibles de projets urbains", affirme-t-il, citant Paris, mais aussi Bordeaux, Lyon ou Nantes et "plus généralement, des capitales régionales." Les Villages Clubs du Soleil peuvent même se permettre de voir plus loin: "Nos villages ne sont pas implantés à l'étranger à l'heure actuelle, mais si ce devait être le cas, ce sera plutôt sur le tourisme urbain. Des destinations comme Rome ou Barcelone pourraient évidemment nous intéresser."

Avant une éventuelle internationalisation de son activité, le groupe devrait en tout cas renforcer son offre de manière significative sur son segment de référence, le tourisme de montagne. Porté par un investissement de 11 millions d'euros, un projet de village est en cours de réalisation à Oz-en-Oisans : il devrait ouvrir ses portes en 2018. Dans les Alpes du Sud, une réouverture du site de Digne-les-Bains, fermé en 2010, est quant à elle à l'étude. Enfin, suite au succès de la reprise de l'ancien site du Club Méditerranée des Menuires, les Villages Clubs du Soleil ne s'interdisent pas de renouveler l'opération, ciblant d'autres destinations en stations de sports d'hiver.