Analyses

Ouverture des commerces le dimanche : une opportunité pour l’hôtellerie et les territoires ruraux?

Alors que le débat national sur le travail dominical reste cantonné à l’activité commerciale des agglomérations françaises, les données analysées par MKG Hospitality démontrent que l’impact de l’ouverture des magasins le dimanche est également important pour le tourisme et pour les zones rurales.  

Centre de Lille Centre de Lille

En effet, le Revenu par chambre des hôteliers est plus de deux fois plus élevé le week-end dans les communes " touristiques ", qui bénéficient d'une réglementation aménagée et où les commerces peuvent ouvrir le dimanche. L'impact économique de l'ouverture dominicale serait également encore plus fort dans les territoires non urbains.

Un constat qu'effectue également Claude Boulle, président de l'Union du Grand Commerce de Paris : "Le shopping est devenu un motif de déplacement important pour les touristes, notamment ceux en provenance des pays émergents, où les boutiques ne ferment pas le weekend. Paris est la seule capitale où les magasins ne sont ouverts que cinq dimanches par an, contre 52 à l'étranger. Dans le 9e arrondissent par exemple, les hôtels sont sous occupés le dimanche et leur potentiel n'est pas entièrement utilisé". En ce qui concerne la province, le président déclare : "Nous avons pu constater que dans plusieurs villes françaises, comme Nice, Marseille ou Biarritz, l'ouverture des commerces le dimanche avait permis une augmentation du nombre de visiteurs, et ce lien est évident pour beaucoup de communes françaises. Nous pensons ainsi que les autorisations actuelles sont insuffisantes, mais qu'il ne faut cependant pas ouvrir les commerces le dimanche partout, seulement dans les villes où la fréquentation est suffisante".

Le cabinet d'études MKG Hospitality a comparé les performances du weekend des hôtels situés dans les communes et les zones dites " touristiques ", définies par la loi Maillé (plus de 600 en 2011) et où les magasins et autres activités sont autorisées à ouvrir le dimanche, à celles des hôtels des autres communes françaises. L'analyse révèle que, sur une année entière, les performances du week-end sont nettement plus élevées dans les communes classées "touristiques" : l'écart est en moyenne de plus de 7 points de taux d'occupation, traduisant une fréquentation plus élevée, et de plus de 50 euros pour le prix moyen pratiqué le week-end.

Ainsi, les hôtels des communes dont la réglementation est aménagée ont des recettes moyennes de 66,2€ par chambre disponible le week-end (du vendredi soir au dimanche soir), soit plus du double de celles des autres communes (31,4 €). Le constat doit toutefois être nuancé car les commerces ne sont pas le seul facteur d'attractivité des communes classées " touristiques ", également autorisées à exploiter des infrastructures spéciales (thermes, casinos...), qui contribuent elles aussi largement à renforcer l'attractivité touristique générale de ces communes.

Alors que les grandes agglomérations sont au centre du débat public, il apparaît que les retombées économiques potentielles sont au moins aussi importantes en milieu rural. En effet, dans les zones rurales, le Revenu par chambre du week-end des hôtels d'une ville " touristique " est en moyenne 2,7 fois supérieur à celui d'une commune standard, soit une différences plus marquée que dans les régions urbaines.

 

Les hôteliers dénoncent ainsi régulièrement les conséquences sur leur activité du manque d'attractivité des villes françaises le weekend, en raison de la fermeture des commerces. Ces éléments confirment les résultats de l'enquête réalisée par le magazine Hospitality ON, avec Olakala, auprès des hôteliers. 88% des professionnels interrogés se sont ainsi prononcés en faveur de l'ouverture des commerces le dimanche, qui pour la majorité peut jouer sur l'activité des hôtels français, généralement faible en fin de semaine dans les villes de Province. A la question " pensez-vous que l'autorisation de l'ouverture des magasins le dimanche peut avoir un impact positif sur votre activité ? ", 74% ont répondu " oui, un peu " ou " oui, beaucoup ", contre seulement 28% qui ont affirmé le contraire.