Ce changement de parcours professionnel n’est-il pas un peu radical ? Y êtes vous bien préparé ?
Ce n’est pas la première fois que j’opère une réorientation de carrière. J’ai travaillé dans de grandes entreprises des groupes PPR et LVMH (la Fnac, La Tribune, les Echos) comme contrôleur financier. Je me suis ensuite également tourné vers le marketing et le commercial lorsque j’ai été nommé éditeur de plusieurs publications, notamment d’un magazine économique, Défis. Par ailleurs, à la suite du décès de mon père, associé avec mon oncle Hugues dans la création du groupe, je me suis rapproché de la société familiale que je suivais depuis quelques années. Quand mon oncle a décidé de prendre de la distance, il m’a proposé de prendre la suite en m’accompagnant. Je suis en formation accélérée, depuis le mois de mai dernier, avec Gérard Biart qui connaît toutes les opérations sur le bout des doigts. Alors oui, je pense que je suis armé pour assurer le développement du groupe.
Votre formation financière va-t-elle influé sur la manière de conduire les affaires ?
Comme entrepreneur, au sens noble du terme, mon oncle reposait une partie de ses décisions sur l’intuition. Je suis plus pragmatique et attentif aux ratios, au business plan, au retour sur investissement, même si j’ai conscience qu’il faut laisser une part du choix à l’intuition.
Votre volonté de poursuivre le développement se heurte-t-elle aux difficultés de boucler les financements ?
Je dois dire que nous n’avons pas de difficulté majeure à trouver les financements bancaires. Pour autant, comme notre développement est assez volontariste, il faut anticiper et explorer de nouvelles formules auxquelles nous n’avions pas recours, comme le crédit-bail. Il faut savoir casser les dogmes.
En matière de dogme, vous avez été jusqu’à présent très fidèle comme franchisé à Louvre Hotels, allez vous continuer dans cette voie ?
Nous sommes fidèles car nous y trouvons aussi notre compte. Nous avons des relations privilégiées avec Louvre Hotels Group et nous sommes actifs dans l’association des franchisés. Il n’est pas dit que dans une ville qui nous intéresse, si Louvre Hotels est déjà très présent, nous ne nous tournions pas vers une autre enseigne et un autre groupe. La porte n’est pas fermée, mais ce n’est pas d’actualité.
Etes-vous satisfait de l’équilibre actuel de votre portefeuille ? Allez-vous l’orienter différemment ?
Nous sommes beaucoup implantés en périphérie et je souhaite que nous nous rapprochions des centres villes et davantage en construction neuve. Nous avons justement deux constructions en cours près de Roissy et à Lyon-Est, et un projet assez avancé de transformation d’un immeuble de bureau en ville en hôtel. Il faut désormais des outils « plus contemporains ». C’est pour cela que nous passons nos Campanile en Nouvelle Génération et rénovons les Kyriad, comme celui de Voiron acheté en décembre. L’interrogation porte aujourd’hui sur l’intérêt de monter en gamme et d’étudier un projet 3 ou 4 étoiles.
Seriez-vous tenté par un hôtel Golden Tulip ?
C’est encore prématuré, mais nous entrouvrons la porte. J’ai eu l’occasion de voir celui de St-Priest réalisé par un confrère franchisé. C’est une très belle réalisation. La rentabilité des opérations hôtelières est une donnée forte de notre stratégie, mais elle a aussi une dimension patrimoniale à long terme. Ce n’est pas aussi évident en hôtellerie économique.
Comment voyez-vous l’évolution de l’activité en 2012 ?
Après une année 2011 qui s’est achevée sur deux bons mois de novembre et de décembre, janvier est plus morose. Nous sommes attentifs mais pas pessimistes. La difficulté est d’observer une montée en charge de l’activité avec une vision inférieure à 10 jours. En début de mois, je suis incapable de dire si nous ferons +5% ou -5%. Il faut vivre avec cette donnée.


